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essaim d'abeilles hiverné

Créer un essaim artificiel avec une reine fécondée : méthode éprouvée au rucher

Sommaire

Créer un essaim artificiel avec une reine fécondée est une méthode utilisée par de nombreux apiculteurs pour multiplier ses colonies en apiculture professionnelle ou amateurs avancés, tout en maîtrisant la génétique et le calendrier de développement.

Cette technique permet un redémarrage rapide de la ponte et limite les incertitudes liées à l’essaimage naturel. Je l’applique systématiquement depuis plus de dix ans : je réalise plus de 200 essaims par saison selon cette approche (pour mon cheptel et pour la vente), avec des résultats réguliers et prévisibles lorsque les conditions sont respectées.

Cette méthode de création d’essaim artificiel est aujourd’hui l’une des plus utilisées pour structurer un cheptel en apiculture moderne.

En climat océanique (comme en Normandie), cette méthode permet de sécuriser le développement malgré les printemps irréguliers et les miellées souvent fragmentées, en calant précisément les divisions avant les floraisons principales.

Pourquoi privilégier cette méthode ?


  • Une reine fécondée introduite correctement commence à pondre en quelques jours, sans attente de fécondation.
  • La génétique est contrôlée : on choisit une lignée connue pour sa douceur, sa résistance ou sa productivité.
  • Pas de rupture prolongée de ponte.
  • Calendrier adapté : constitution d’essaims lancés avant une miellée principale ou pour préparer l’hivernage.

Les meilleures périodes pour créer ces essaims

J’ai deux fenêtres principales qui donnent les meilleurs résultats :

  1. Printemps : avril-mai (parfois début juin)
    Les colonies sont en pleine expansion, avec beaucoup de nourrices jeunes et une abondance naturelle de ressources. C’est la période idéale pour des essaims qui deviendront productifs l’année suivante voir même pour l’été.
  2. Mi-juillet (environ une semaine avant la récolte d’été)
    À ce moment-là, les colonies sont à leur maximum de population. Profiter de cette force permet de prélever 2 à 3 cadres de couvain sans impacter significativement la récolte, puisque les hausses sont déjà pleines. Au contraire, cela crée de l’espace au moment du retrait des hausses, limite la congestion et facilite la conduite post-récolte.
    C’est une période stratégique : en utilisant ce pic de population, il devient possible de multiplier le cheptel par deux sans sacrifier la production de miel..

Fin août – début septembre reste possible pour des essaims destinés à l’hivernage, à condition de très bonnes réserves et d’une météo stable.
À éviter : périodes de disette, refroidissements prolongés, ou colonies trop faibles.

Méthode étape par étape pour la constitution d’un essaim artificiel

  1. Choisir la colonie souche
    Je sélectionne une ruche forte : au moins 7-8 cadres de couvain (souvent 9-10 en pleine saison), saine, avec une ponte régulière, douce et bien approvisionnée en réserves. Jamais sur une colonie limite.
  2. Composer l’essaim
    Selon la période :
    Au printemps (avril-mai) : 2 à 3 cadres de couvain fermé + 1 cadre de réserves (miel/pollen) + 1 cadre de cire bâtie ou gaufrée.
    Mi-juillet : souvent 3 cadres de couvain fermé pour un meilleur démarrage.
    J’ajoute des abeilles (je secoue surtout des cadres de couvain ouvert pour avoir des nourrices jeunes). L’essaim doit être bien dense dès le départ.
    Vérification impérative : ne pas prélever la reine de la souche.
  3. Orphelinage court
    Je laisse l’essaim sans reine pendant environ 24 heures (18 à 30 h). Cela augmente sensiblement le taux d’acceptation.
  4. Introduction de la reine
    Je place la reine en cagette avec candi entre deux cadres de couvain. Pas de libération immédiate : la diffusion progressive des phéromones via le candi favorise l’acceptation.
  5. Installation et suivi
    – Placer la ruchette à l’écart (idéalement à plus de 3 km le premier jour pour limiter les retours).
    – Nourrir au sirop (1:1 au printemps, 2:1 en été) si la miellée est faible.
    – Laisser tranquille 5 à 7 jours minimum.
    – Contrôle vers J+8 à J+10 : présence d’œufs frais, ponte régulière et comportement calme indiquent que l’essaim est lancé.

Erreurs les plus fréquentes (et comment les éviter)

  • Pas assez d’abeilles jeunes/nourrices → privilégier les secouages sur couvain ouvert.
  • Introduction sans orphelinage préalable → rejet fréquent.
  • Météo défavorable plusieurs jours après → reporter si possible.
  • Essaim trop petit → minimum 2-3 cadres + abeilles abondantes.
  • Disette non détectée → nourrir systématiquement en cas de doute.

Quel volume minimal pour qu’un essaim devienne productif ?

Pour qu’un essaim artificiel passe rapidement en mode production (et non simple survie), le volume initial est déterminant. En pratique, je vise toujours au minimum 3 cadres de couvain fermé + un cadre de réserves + forte densité d’abeilles nourrices (secouées sur couvain ouvert). Cela permet une montée en température stable et une ponte soutenue dès les premiers jours.

À 6 semaines, un tel essaim bien lancé couvre généralement 6 à 8 cadres (voire plus en miellée abondante), avec une population suffisante pour exploiter une miellée d’été ou préparer correctement l’hivernage. En dessous de ce seuil (ex. 1-2 cadres seulement), le risque de stagnation ou d’abandon est élevé, surtout en climat variable comme en Normandie. Un bon dimensionnement dès le départ évite les pertes et maximise le potentiel productif l’année suivante.

Essaim artificiel avec reine fécondée vs essaim naturel

Critère Essaim naturel Essaim artificiel avec reine fécondée
Démarrage de la ponte 3 à 5 semaines d’attente Quelques jours après acceptation
Génétique Aléatoire Maîtrisée (lignée choisie)
Maîtrise du calendrier Imprévisible Adapté aux miellées ou à l’hivernage
Risque d’échec Moyen à élevé Faible si les étapes sont respectées
Production l’année +1 Variable Souvent bonne avec un bon volume initial

En résumé

Créer un essaim artificiel avec une reine fécondée (ou division de ruche avec reine introduite) permet de multiplier ses colonies, de contrôler la génétique, de sécuriser le développement et d’éviter les aléas de l’essaimage naturel.

La clé réside dans un volume suffisant d’abeilles et de couvain, un orphelinage court, une introduction progressive en cagette, et une phase de tranquillité respectée. Bien dimensionné dès le départ, un tel essaim devient une colonie stable et productive dès la saison suivante.

Si vous souhaitez créer vos essaims avec des reines issues de ce même travail de sélection et testées en conditions réelles de production, consultez les disponibilités actuelles et réservez vos reines suffisamment tôt dans la saison.

Tu utilises déjà cette méthode à grande échelle ? Quelle est ta fenêtre préférée ou ton ajustement personnel pour optimiser encore l’acceptation ? Partage ton retour d’expérience en commentaire !